Skateboard : 1 Julie : 0

Pour mon 37ème anniversaire j’ai demandé un skateboard. Cela faisait un moment que ça me trottait dans la tête. Dès que je voyais quelqu’un sur un skate, je la/le regardais avec envie, encore plus si cette personne avait plus de 30 ans! Cela me confortait dans l’idée que je n’étais pas trop vieille pour m’y mettre. Le centre-ville de Nantes n’étant pas trop adapté pour une débutante j’avais repoussé ce projet. Mais depuis notre arrivée à Vienne, cette idée occupait de nouveau mes pensées. Nous étions désormais entourés de parcs, et de pistes cyclables. En plus les filles avaient reçu de nouvelles trottinettes pour la rentrée! Je nous imaginais déjà toutes les trois, partir en vadrouille sur nos planches à roulettes… Le jour de mon anniversaire nous sommes donc allés avec Rob acheter un « Cruiser ». C’est un skateboard parfaitement adapté pour les débutants qui souhaitent essentiellement se déplacer d’un point à un autre. La planche est plus large et plus longue, donc plus stable, a priori.

Heureuse et impatiente, j’allais essayer le skate dans le Volksgarten, et je progressais plutôt rapidement. L’appréhension passée, j’osais me lancer, et je commençais donc à glisser. Ayant pris des cours de snowboard plus jeune, je retrouvais de bonnes sensations et les mêmes automatismes. Samedi matin, alors que les filles insistaient pour aller au parc, je proposais donc qu’on aille faire un tour en trottinettes, de mon côté j’apporterai mon skate! Les filles étaient plus que partantes! J’étais super prudente et y allais tout doucement. Jusqu’au moment où je sentis que je perdais l’équilibre… Je heurtais le sol durement et pensais « ouille ça fait mal ». J’avais énormément de mal à me relever, une femme qui passait, eu la grande gentillesse de m’aider. Je réalisais rapidement que je ne sentais plus mon bras gauche mais j’essayais de ne pas trop y penser. Je me concentrais déjà à reprendre mon souffle et mes esprits pour être capable de rassurer les filles en attendant que Rob nous rejoigne…

Le temps de passer un coup de fil aux voisins afin de savoir où se trouvaient les urgences les plus proches, et nous étions en route pour l’hôpital… A cause des restrictions liées au Coronavirus, on m’annonçait que je n’avais pas le droit d’être accompagnée… Coup dur. J’attendrais une bonne heure dans la salle d’attente principale avant de voir un premier docteur qui après 3 minutes d’examen, m’enverra patienter sur les chaises bleues pour passer une radio. Après une deuxième heure d’attente le verdict tombe: le coude est cassé mais le problème est que la tête radiale est fracturée et luxée, ce qui rend la fracture « complexe » et je risque l’opération! Je dois maintenant aller patienter sur les chaises grises afin de passer un IRM pour vérifier la gravité de la fracture. Je commence à ne pas me sentir bien. Il est 16 h maintenant et je n’ai toujours rien avalé depuis le petit-déjeuner. J’attendrais 2 heures et demi de plus, le temps d’imaginer tous les scénarios… Lorsque le médecin me reçoit enfin, il s’excuse pour l’attente et m’explique qu’il a dû demander l’avis d’un médecin plus expérimenté. Je retient ma respiration. Il ajoute, vous avez de la chance vous avez échappé de peu à la chirurgie. La douleur partira au bout de quelques mois… Il m’expliquera qu’il ne recommande pas le plâtre car l’immobilisation n’aide pas à guérir. La seule chose qu’il préconise c’est une ponction sanguine au niveau de l’articulation. Cela permettra de soulager amplement la douleur et facilitera la guérison. C’est à faire tout de suite. J’attends maintenant sur les chaises vertes. Les portes s’ouvrent et le médecin n’est franchement pas agréable ni avec moi ni avec son assistant. Heureusement, ce dernier a de l’empathie pour moi, me parle anglais, et m’explique tout ce qu’il fait ou va faire. La ponction est longue et douloureuse. Ils enfilent ensuite une bande tubulaire autour de mon bras, et je repars avec des anti-douleurs pour 3 jours. Il est 19 heures.

Je ne sais franchement pas si dans 3 mois, j’aurais digéré tout ça et je me sentirai prête à remonter sur le skate… ou s’il finira sur leboncoin. Je n’aurais jamais pensé pouvoir me faire aussi mal en tombant aussi doucement d’un skate. C’est assez frustrant. J’ai eu très mal pendant 3 jours, et maintenant au bout de 2 semaines ça va nettement mieux. J’ai retrouvé de la mobilité dans mon articulation même s’il y forcément des mouvements que je ne peux plus faire. Le plus dur est que je ne peux pas m’appuyer sur le bras gauche, ni le plier à 90°, ce qui signifie que je ne peux plus faire de salutations au soleil. La pratique du yoga m’est rendue très difficile de manière générale, mais la bonne nouvelle est que lorsque j’ai entré « yoga with a broken elbow » (yoga avec le coude cassé) dans le moteur de recherche sur Youtube, il y avait une longue liste de résultat. Je suis sauvée !

A défaut de partir explorer les studios de yoga à Vienne, et de partager avec vous mes retours d’expériences… mon prochain article parlera finalement de comment le Yoga m’a aidé à vivre avec cette blessure et toutes les frustrations qu’elle implique ; et comment j’ai dû m’adapter pour continuer à pratiquer au quotidien.

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